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Fonds de
terroir, c'est le titre de l'album que présente, en cette rentrée,
le bagad saint nazaire. Un bagad qui est l'unique représentant
de Haute-Bretagne à évoluer, depuis 1991, en première
catégorie. Christian Méhat, penn soner du groupe, retrace
le parcours de la formation nazairienne.
Talents44 : A quelle époque remonte la création du bagad?
Christian Méhat : Le premier bagad a été créé
en 1953-1954. Il y eut plusieurs associations à Saint Nazaire,
dont un bagad, à l'origine un groupement de sonneurs bretons qui
optèrent tout de suite pour le nom de Bagad Saint Nazaire.
Quel a été votre parcours personnel avant de le rejoindre
et d'en devenir le penn sonneur?
J'habitais Saint-Nazaire quand j'ai rencontré, en 1971, la musique
de bagad, et j'ai simplement demandé à mes parents si je
pouvais espérer apprendre à pratiquer un de ces instruments.
J'ai rencontré l'association existante à l'époque.
J'y ai appris à jouer, puis j'ai poursuivi au travers de stages
et de concerts. C'était à un niveau modeste mais sympathique
et bien encadré. Ensuite je suis allé jouer à La
Baule, à Rennes où il y avait un pipe band de très
haut niveau (An Ere Pipe Band), puis, dans le cadre du service national,
je rejoins le Bagad de Lann-Bihoué, où j'ai rencontré
énormément de sonneurs bretons et découvert plein
de terroirs, de mystères autour de la musique bretonne qui se sont
éclaircis au bout d'un an.
Puis, il y eut votre période irlandaise...
En effet, je suis parti vivre une année en Irlande. J'y ai
naturellement découvert la musique irlandaise qui m'a beaucoup
plu. J'ai fait très vite des rapprochements entre ce que je trouvais
en Bretagne, ce que j'avais connu de l'Ecosse au travers du pipe band,
et la musique irlandaise. Aussi, quand je suis rentré en Bretagne,
on m'a proposé un poste dans une école de musique où
il m'était possible d'enseigner ce que je connaissais. J'ai sauté
sur l'occasion et me suis à nouveau retrouvé aux côtés
du bagad de saint-nazaire qui devait être remonté. Je me
suis attelé à ce travail, et çà a marché
puisque depuis 1984, année où je l'ai rejoint, le bagad
a évolué en quatrième catégorie, en troisième,
en seconde, enfin en première depuis 1991.
La première catégorie est-elle le but à atteindre
pour tous les bagadoù?
Naturellement. Cela veut obligatoirement dire qu'il y a des compétences
dans le groupe, un certain niveau de musicalité et d'aisance, et
tant qu'on est pas en première catégorie, on espère
et on travaille pour y arriver.
Quelles sont les règles en ce qui concerne le nombre de musiciens
d'un bagad?
On ne peut participer à un concours que si l'on présente
un minimum de 17 musiciens, répartis en trois pupitres : 5 cornemuses,
5 bombardes et 5 percussions, dont 2 caisses claires, 2 tomes medium,
et 1 tome basse. On a rencontré des formations qui s'étaient
adjoint un pupitre de clarinettes. On peut également faire sonner
d'autres instruments traditionnels tels que la vielle, le violon, la clarinette
et quelques autres. La Kevrenn Alre a innové dans ce domaine en
prenant une classe de clarinettes. C'est superbe.
Depuis 1991, le bagad Saint-Nazaire est en première catégorie
parmi d'autres tous originaires de Basse-Bretagne : est-ce un avantage
ou un inconvénient de venir de Loire-Atlantique?
Les deux. L'inconvénient est d'être assez loin de tout. Assez
loin de la région administrative de Bretagne, donc assez loin des
subventions d'un conseil général sensibilisé par
la musique bretonne. Loin également pour le matériel : des
magasins bien fournis, des contacts, des stages... L'avantage, pour des
raisons d'éloignement également, est ne pas être mêlé
à d'éventuelles petites querelles entre différents
groupes de première catégorie.
Le Bagad Saint-Nazaire vient de sortir son second album, quelle en
est la teneur?
Pour cet enregistrement, nous avons invité des musiciens de l'Occidentale
de Fanfare, dans laquelle jouent également quelques musiciens du
bagad. On a gonflé les basses en prenant deux tubas et deux saxophones
barytons. Nous l'avons enregistré lors d'un concert en février.
Le thème en est le port de pêche, le développement
du tourisme, l'installation lumineuse, les démolitions... Nous
répétons sur le port, nous sommes donc bien placés
pour vivre ces changements. Le disque est donc un peu une photo de bassin.
Propos recueillis par Hugo ARIBART
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